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Retours sur la soirée de reprise de la  Plateforme nationale (14/12/21)

Place de la Femme

Quelle richesse cette rencontre, dans nos âges, nos genres, nos territoires, nos métiers, nos histoires passées à la construction du monde futur. Cette diversité au service de la même cause est une source inspirante et socle d'actions concrètes.

Pour ma part, j'ai écouté et observé avec délectation. Le collectif permet d'influer sur la force du changement. Pourtant, à la réunion, nous sommes loin, sur une île paradisiaque pour ces paysages mais terriblement impactée par son passé colonialiste et des difficultés sociales bien actuelles : illettrisme, chômage, violence intrafamiliale... J'ai travaillé sur un projet théâtral sur l'inceste il y deux ans, les chiffres (connus) sont effrayants. Je sens tout de même une grande volonté de changement, de reprise de confiance et de défense de sa culture. J'essaie de travailler avec les compagnies émergentes, des jeunes artistes, particulièrement la Cie Aberash, qui défend la théorie du genre incluant l'histoire même du territoire. Dans la commune des hauts où je travaille, le rôle de la femme et de l'homme reste traditionnel dans tout ce qu'elle comporte de négatif, des cases données dès le plus jeune âge (Les petites filles sont sexualisées très vite dès le primaire). J'essaie d'observer et de respecter les traditions, de comprendre, d'avoir un discours bienveillant et personnel tout en apportant très subtilement une programmation Jeune public décalée sur ces questions-là, par l'achat de livres également installés en médiathèque et via le médiabus qui voguent joliment chaque jour vers toutes les écoles. Je crois aussi que l'artiste est le médium essentiel au changement, pour moi il est la clé communicationnelle entre l'adulte et l'enfant, c'est celui qui transpose le langage sociétal en poésie et la poésie est le langage des enfants ou doit l'être en tous cas, il permet l'accès à l'imaginaire, cet endroit où l'on est bien, cet endroit où l'on rêve, cet endroit qui doit garder sa place toujours au fond de nous même quand on grandit ... si la poésie et l'imaginaire restent actionnées, l'esprit s'ouvre, il réfléchit, il comprend, il parle et dialogue, et change les choses. Je crois que les adultes ne savent pas toujours communiquer avec les enfants, ils jugent, ils s’imposent, ils ont peur... l'artiste est là pour renouer le lien.

Émilie Magnant

Tout d'abord merci, pour ton invitation plateforme, elle était riche même si je n'ai pas souhaité intervenir, parfois on apprend mieux en écoutant les autres parler.

J'ai trouvé le texte de récolte très universel, et ça m'a vite ramené en Afrique : toutes ces questions d'éducation, d'émancipation, le mariage forcé, la femme doit rester à la maison faire le ménage et les gosses pas plus et pas le droit de danser non plus ... 

 

Et puis la question du féminisme, est-ce que les hommes le sont ? Je crois que oui, je le suis, et surtout chaque homme à une part de féminité en lui.

Le jour où notre fond macho se rendra compte de son côté féminin, peut-être que le monde ira encore mieux, enfin je pense.

Sthyk Balossa

 

 

J’ai été très heureuse d’entendre des collègues qui travaillent sur ces questions. Personnellement j’aborde la question du genre, la place de la femme mais aussi la question du consentement, du patriarcat dans certaines de mes créations et ça m’a fait beaucoup de bien de voir qu’il y avait une communauté.

« La prise de parole ça nous met en commun, ça fait de nous un peuple et c’est important. Constituer un peuple qui du coup devient un peuple militant, un peuple actif’ Adèle Haenel dans une interview à Médiapart.
 

Par ailleurs, j’ai été touchée par ce débat sur le mot « féminisme » qui exclurait les hommes.

-N’est-ce pas « féminin » de ne pas vouloir revendiquer un combat, une lutte qui seraient, de fait, agressifs

-N’est-ce pas une posture attendue d’une femme que de vouloir inclure l’homme, ne pas le dénigrer ?

 

Je crois que ce n’est pas à nous, femmes, de tempérer notre vocabulaire mais aux hommes de s’emparer de ce mot avec nous. J’en connais qui sont courageux et qui le font, qui se revendiquent féministes.

Un mot signifie, je pense que ce mot est juste pour parler d’une domination d’un sexe sur un autre même de façon inconsciente.

Merci pour ce rendez-vous, cet espace de parole et de partage.

Emilie Esquerré

 

Ce moment de réflexion collective en petit groupe, même si à distance, était très inspirant. Les partages d'expérience, parfois contradictoires, étaient très complémentaires, de même que les réflexions - entre autres - sur la femme au foyer dans le modèle américain d'après-guerre, sur le vocable "féminisme" avec les différents points de vue évoqués, sur le sursaut conservateur des couples soixante-huitards, sur la division des classes entre filles et garçons en fonction des âges et des territoires, sur les stratégies dramaturgiques qui pourraient aider à agir sur l’image de la femme au théâtre, sur l'identification plus facile chez les filles que chez les garçons face à un personnage présenté comme étant du genre opposé, sur l’ampleur d'imaginaire face au genre, sur la projection de la liberté sur les garçons plus que sur les filles, sur le retrait progressif des filles de l’enfance à l’adolescence... Merci !

Julien Daillère

 

Mets-toi bien ça dans le crâne, petite bonne femme créatrice : la Cour d’honneur et les Molières

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Pendant tout le festival d’Avignon, à midi, dans les jardins de la médiathèque Ceccano, David Bobée a donné rendez-vous aux festivals pour son feuilleton théâtral Mesdames, Messieurs et le reste du monde, en treize épisodes. David Bobée a proposé d’y mettre à plat les contresens, les tabous et les idées reçues sur un concept désormais utile pour repenser le droit à la non-discrimination, à la non-assignation, celui du genre. Parmi les moments forts de ce rendez-vous qui va marquer l’histoire du Festival d’Avignon, il y a ce texte de Carole Thibaut, directrice du centre dramatique national de Montluçon, le Théâtre des Îlets lu lors de la fausse cérémonie des Molières, c’était le 13 juillet. Un texte dont voici l’intégralité.

Stéphane Capron / Sceneweb

“Je vous remercie pour ce Molière. Probablement le seul Molière que je recevrai jamais. Ce n’est pas une question de talent, il n’est pas question ici de talent. Je suis désolée. J’avais commencé à écrire un truc rigolo. Un de ces trucs pour lesquels on fait appel à moi de temps en temps.

Oh tiens si on invitait Thibaut. Elle est rigolote Thibaut. C’est une excitée rigolote. Elle nous casse bien un peu les coucougnettes avec ses histoires d’égalité femmes-hommes, mais elle est rigolote. Elle pique des gueulantes rigolotes, bien brossées. Et puis elle met des jolies robes. Elle porte bien. Elle fait désordre policé. On devient vite le clown de service. Le bouffon du roi. Et ici le roi, comme ailleurs, c’est la domination masculine. Il a beau faire GENRE, le roi, il est et reste la domination masculine. Et moi j’en ai ma claque d’être la bouffonne de service de la domination masculine. Il y a deux ans, ici même, Thomas m’avait invitée à écrire et dire un texte sur l’absence des autrices, des auteurs femmes, donc, dans le festival d’Avignon depuis sa création. Plus précisément dans la Cour. La grande cour du théâtre. La cour d’honneur. La Cour d’honneur c’est comme les Molière. Quand tu es une femme artiste, une de ces femmes qui a la prétention d’être de ce côté-là de la création, je veux dire autrice, metteuse en scène, conceptrice d’œuvres, quand tu es une de ces bonnes femmes qui a cette prétention-là, tu sais que tout ça n’est pas pour toi.

Mets-toi bien ça dans le crâne, petite bonne femme créatrice : la Cour d’honneur et les Molière ne sont pas pour toi. Ou alors tente le jeune public. Le jeune public ici c’est un endroit réservé aux bonnes femmes créatrices. Il y a deux ans, donc, j’étais ici même en train de déblatérer un texte sur la quasi absence des autrices dans le festival In, à l’invitation de Thomas.

Cette année, deux ans après, Thomas joue dans la cour d’honneur, et moi je suis de nouveau ici, invitée cette fois par David, en train de déblatérer devant vous un autre texte censé être rigolo et bien enlevé sur la situation des femmes artistes-créatrices. Il y a deux ans, j’avais encore l’espoir que ça change, puisqu’on en parlait, ici, dans le cadre du festival In justement, de la non représentation scandaleuse des femmes dans ce festival depuis sa création.

Il y a deux ans j’avais mis une belle robe et j’avais donc pondu un truc bien brossé, enlevé, rigolo, à la façon Thibaut rigolote. Et tout le monde avait bien ri. Et puis chacune et chacun était reparti à ses petites affaires après notre grande fête estivale du théâtre. Cette année, deux ans après donc, la programmation du festival IN, hors jeune public, présente 9% d’autrices femmes pour 91% d’auteurs hommes. (Pour les deux spectacles jeune public elles représentent 75%.) Cette année, deux ans après, la programmation “théâtre” représente 89,4% d’artistes créateurs hommes (auteurs et metteurs en scène) pour 10,6% d’artistes créatrices femmes. Cette année, deux ans après, sur la totalité des spectacles et expo programmées dans le festival IN, on recense 25,4 % d’artistes créatrices femmes. Et encore on peut remercier la SACD qui exige dans les Sujet à vif la parité. Sans ces petites formes performatives de 30mn chaque, il ne faut rien exagérer non plus, on ne serait même pas à 20% d’artistes créatrices femmes programmées. Je parle des spectacles, pas des lectures. Il suffit d’ouvrir le programme et de compter. C’est ce que j’ai fait l’autre matin. 1 fois. 2 fois. 3 fois. Pour être bien sûre. Parce que je n’arrivais pas à y croire. Et puis après je me suis mise à pleurer. Moi la grande gueule rigolote je me suis mise à pleurer comme une conne. On a beau être habituée, on a beau connaître tous les pièges, tous les cynismes, tous les détours de l’humiliation, être blindée, après tant et tant d’années de ça, il y a des fois où ça craque malgré tout. Mais franchement pleurer devant un programme du IN, c’est la honte. C’est minable même, à l’heure où peut-être un nouveau bateau rempli à ras bord de femmes, d’enfants, d’hommes, de vieillards, sombrait en méditerranée, et avec lui tous ces êtres qui s’en allaient ainsi par le fond nourrir les poissons, nous épargnant d’avoir à partager avec eux nos richesses dégoulinantes de paradis de la consommation. Bref. C’est pas le sujet. Ici nous sommes dans la grande fête du théâtre. Et je viens de recevoir un gros pavé. Il faut sourire, mettre des belles robes, être joyeux, légers et quelque peu potaches. Mais cette année, je suis désolée David, je n’ai pas envie de faire la bouffonne de service, en polissant ma colère brossée rigolote dans une joyeuse fête sur le genre, dans un festival, que certains journalistes, qui auraient mieux fait de faire leur travail de journalistes, ont qualifié de festival féministe. Cette année, j’en ai ma claque d’être la copine sympa de tous les copains sympas, les copains qui ont plein de copines femmes, les copains qui interrogent le genre, qui interrogent tout ce qu’on voudra, pendant que rien ne change. J’en ai ma claque de voir une majorité de femmes muettes, privées de paroles, venir s’assoir dans l’obscurité des salles pour recevoir là bien sagement la parole des hommes, la vision du monde portée par des hommes, dessinée par des hommes, en majorité blanc, en plus. D’accord pour l’intersectionnalité des luttes. D’accord pour lutter contre toutes les injustices, contre toutes les discriminations, contre la binarité si stupide et pathétique qui gouverne notre monde contemporain si moderne, comme il gouvernait l’ancien. Mais comment se fait-il que toute lutte semble écraser et annihiler la lutte pour l’égalité des hommes et des femmes? Comment se fait-il que cette lutte-là soit systématiquement écartée, remplacée par une autre lutte ? Les femmes se sont fait niquer à la révolution française. Elles se sont fait niquer durant la Commune. Elles se sont fait niquer durant le Front Populaire. Elles se sont fait niquer en 68. Et elles se font encore niquer au festival d’Avignon 2018, ce grand festival dont le thème revendiqué cette année est … le genre, et dont une des seules rencontres thématiques programmées qui aborde le sujet s’intitule « les femmes dans le spectacle vivant, doit-on craindre le grand remplacement ? » Je n’épiloguerai pas sur le concept de grand remplacement, concept xénophobe développé actuellement par l’extrême droite. C’est p. 27 du programme si vous voulez vérifier. Et si vous voulez y aller pour protester ça tombe bien c’est aujourd’hui même à 14h30 aux ateliers de la pensée. Et c’est comme ça qu’on se fait niquer, depuis de siècles, des décennies, des années, des mois. Ce n’est pas seulement sociétal, politique. Ça s’inscrit dans nos chairs, dans les recoins les plus obscurs de nos cerveaux, dans nos inconscients, nos subconscients. Cela gangrène toutes nos vies. Ce ne sont pas que des chiffres et des statistiques. Et pourtant ceux-là il faut les faire, les analyser, pour regarder bien en face notre humiliation, pour regarder bien en face le système qui nous exclue, au grand jour, aux yeux de tous, sans que personne n’y trouve à redire. Il faut les analyser, ces chiffres, pour avoir une grille de lecture précise du réel, pour comprendre ce qui se passe réellement. Quitte à se mettre à pleurer alors comme une conne, comme une pauvre fille qui y a cru cette fois, au grand amour, à la rencontre possible, et qui se retrouve au matin toute seule, après s’être fait niquer encore une fois. Bon, on ne va pas jeter la pierre, ou plutôt le pavé, à Olivier. Où qu’il soit aujourd’hui, il doit déjà bouillir sur sa chaise. Et vue la chaleur qu’il fait… Il y a eu bien assez des curés qui ont fait cramer des femmes à cause de leurs vagins, on ne va pas se mettre à faire bouillir des artistes directeurs de festival à cause de leur programmation, simplement parce qu’ils sont un peu en dessous de la moyenne nationale. Parce que dans la totalité du spectacle vivant aujourd’hui en France, 23% seulement des subventions publiques d’état vont à des projets portés par des artistes femmes, parce que qu’elles ne représentent que 11% des spectacles programmés sur toutes les scènes et parce qu’elles ne reçoivent que 4 à 12% des pavés, pardon des récompenses. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’état lui-même, le haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes. Mais, après tout, sur les « scènes de l’institution » comme on dit, la part des autrices représente environ 22% et celle des metteuses en scène 35%. C’est loin d’être l’égalité, c’est sûr, mais bon on y travaille. Mais pas ici. Du moins pas encore, apparemment. Oui, cette année le IN fait Genre. Parce qu’on peut revendiquer haut et fort la liberté d’être à loisir homme, femme, ou les deux mélangés, il n’en demeure pas moins que quand tu nais avec un sexe de femme, ou quand tu deviens femme, que ce soit par le grand tirage au sort de la nature – ah zut pas de chance t’es née avec un vagin – ou par choix, tu fais partie de la caste de celles qui se font baiser, niquer, nier toute leur vie. Parce qu’avant d’être un genre, la sexuation est un déterminisme physiologique, totalement arbitraire, qui, selon que tu reçois un vagin ou une bite à ta naissance, te prédétermine comme sujet dominant ou dominé. Parce que le phallocentrisme et le patriarcat sont les petits rois qui continuent à gouverner ce pays, et particulièrement ce petit milieu cultivé, si fier de son ouverture d’esprit, si fier de sa soit-disant liberté de création, d’expression, de choix, si fier de ses prérogatives, si donneur de leçon au monde entier. Le phallocentrisme et la domination masculine sont la honte de tout le milieu intellectuel, artistique et culturel de ce pays. Ils sont la honte de chaque artiste de ce pays et d’ailleurs. De chaque institution qui ne respecte pas une juste redistribution de l’argent public. De chaque directeur de lieu, de galerie, de festival, qui ne fait que représenter et reproduire à l’infini la pensée dominante. L’écrasement des femmes par les hommes est le premier crime contre la pensée humaine. Il produit des millions de meurtres chaque année. C’est un crime qui se perpétue depuis des millénaires, qui se poursuit partout et trouve ses racines malheureusement ici aussi, sur ces espaces sacrés du théâtre qui devraient être au contraire les lieux sacrés de la parole libre et émancipatrice. Je ne veux pas de ta récompense, David. C’est comme un gros pavé reçu en pleine gueule. Et hors les chiffres, désormais, sachez-le, nous ne croirons plus rien. Pour ne plus subir la honte de pleurer encore. ” Carole Thibaut – 13 juillet 2018

 

Témoignage : C'est pas la Suisse, c'est pas la Russie, c'est moi.

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Dans mes périples des dernières semaines, j'ai eu la chance de passer une journée de travail à l'AM STRAM GRAM théâtre de Genève.

La chance, aussi, de jouer pour le Festival International de Théâtre pour la jeunesse de Rostov on Don, en Russie.

Je n'ai pas assez de mètres de couturière pour mesurer le fossé, le gouffre, digne d'un décor du Seigneur des anneaux pour mesurer tout ce qui sépare mon quotidien dans le jeune public de ces lieux là.

Tout ceux que j'ai rencontré, tous ceux avec qui j'ai parlé même si mon anglais n'est pas au top, tout le monde est convaincu du bien fondé des démarches théâtrales, de leurs exigences, des prix à payer, de la poésie qui doit engager et s'engager. Ce n'est pas un pays tout entier mais c'est déjà une somme de gens qui sont là juste pour ça .. Pour moi, c'est comme visiter un autre temps. Une époque, voir une planète inconnue.

Ici, au milieu du Béarn, des maïs et des lotos, tout le monde s'en fout. Clairement. L'exigence théâtrale n'a même pas lieu d'être. Vous les artistes, faîtes nous donc marrer. J'en reviens à mon premier post, ma première contribution : alors, t'as pas un petit spectacle pour Noël ? Non, je n'ai pas ça. Je ne veux pas faire ça.

Ici, on attends, les fêtes du village annuelles, avec impatience. Moi, j'attends le bouquin que j'ai commandé, faute d'avoir une librairie, ou une médiathèque à moins de 200km qui me propose ce que je cherche.

Qu'il est grand ce fossé, qu'il est immense. !

Elle est où, la réflexion, ? Il est où le pouvoir de l'imagination ? Il est où l'accès à la culture et à laquelle ? Oui, je parle de là où je suis, depuis 10 ans, à écumer des salles des fêtes, des champs, des discussions de comptoir, parce que :

« non, vous ne pouvez pas brancher un projecteur chez moi, pour éclairer chez lui. Il me laisse pas utiliser le devant de son garage pour les fêtes de village, alors, hors de question » mais .. ça joue dans 3 jours, je le prends où le jus ?

Fatiguée moi ? Peut être. Mais surtout, comment on fait ? Il est où le pont pour qu'enfin je n'ai pas honte de facturer mon travail ? Jeune public ou pas, femme ou pas femme, c'est la culture qui est en jeu là. Si on ne dit pas aux enfants que c'est un « vrai » métier, ça va continuer longtemps comme ça ? L'artisan qui fait la terrasse de Monsieur, ou qui vient refaire la plomberie de untel, personne ne tique quand il présente la facture, c'est normal, c'est un sacré boulot. Et le nôtre de boulot, dans tout ça ?

Un local ? Pensez donc ! Le comité des fêtes en a plus besoin que vous. Ils sont légitimes. Eux.

Oui suis un peu en colère, contre moi même surtout. Les fêtes de village, c'est super. Mais y'a pas que ça. Si ?

En colère contre moi, parce que certainement, je me dois d'être plus exigeante avec moi même et arrêtez de faire des concessions pour essayer de promouvoir quelque chose comme Liberté, Egalité, Fraternité. Ces mots là, eux ne font pas de concession. Sont ils respectés ? Ils sont inscrits dans la pierre de chaque commune, normalement. Mais le monde est vaste et c'est loin d'être partout pareil. Alors on en revient à une des question fondamentale, quand on est comme moi, comme ma compagnie, des petits, des obscurs, comment qu'on fait pour devenir grand ? Pour qu'on nous voit ?

Avec toute l'exigence du monde, que c'est difficile ! Je ne tape pas du poing sur la table, d'autres l'ont fait mieux que moi et avec moins de naïveté et un peu plus de visibilité.

C'est quoi être entendu ? C'est quoi pouvoir montrer ? Quand à qui, comment dans quels contextes ?

Les problématiques engendrées par le questionnement sur le jeune public se reflètent dans les problématiques que l'on a de faire exister notre travail. Femme, enfant, ou homme, il faut juste avoir conscience que ce qui nous apparaît (collectif, lecteurs occasionnels) comme un sujet sur lequel débattre, n'est même pas un embryon d'idée dans certains endroits. Théâtre est parfois un gros mot. Trop gros pour être valable. Jeune public, quelle idée ! C'est des gosses, Chantal Goya ou Fabrice Melquiot ? Même combat.

Bon, j'ai pas de solution, non plus. Juste la volonté d'y croire, encore. Toujours.

Un peu jeune encore. Pas assez de métier, sans doute. Pas encore, mais je ne demande que ça.

Ça ressemble à un billet d'humeur, certes. Mais quand on construit un pont sans le matos adapté et ben, c'est plus compliqué. Et deux bras ne suffisent pas. Et le terrain, n'est pas toujours favorable. Les voisins, non plus.

Il y en a quelqu'uns quand même qui écoutent, qui entendent parfois, qui font aussi, mais quelle montagne à gravir ! chaque fois, pour convaincre, pour dire, si il y a de la poésie possible, là et là, de la matière à réflexion. Aller vers l'autre. Les brèches sont toutes petites. Faut savoir y entrer. Faut savoir, être contorsionniste. Sauf que j'ai pas fait cirque en option. Et je regrette, un peu.

Alors, je continue, en réfléchissant aux gens, aux moyens de faire autrement, si vous avez la recette de la potion magique, je prends.

Je ne m'attends pas à ce que le pays des licornes, des pâquerettes en toutes saisons, et des bras ouverts apparaisse. Encore que.

Céline

 

Témoignage : Un enfant. Fille ou garçon ?

Un enfant.

Fille ou garçon ?

Si on consulte le Petit Robert, on y trouve la définition suivante : « Être humain dans les premières années de sa vie, de la naissance à l'adolescence. »

Il n'est donc pas question de genre, un enfant peut être indifféremment un garçon ou une fille.

C'est, par exemple, ainsi que je voyais les choses lorsque j'ai écrit « Les mots-cailloux » avec un enfant comme personnage principal.

Il pouvait être fille ou garçon. Et c'est entre autre pour cela que je ne lui ai pas donné de prénom.

Mais après l'auteur, il y a le metteur en scène, qui fait ses choix, et notamment du comédien, ou de la comédienne.

Ainsi, pour le metteur en scène, l'enfant des « mots-cailloux » est nécessairement un garçon parce qu'il jette des cailloux sur les fenêtres d'une vieille dame. Une fille ne ferait jamais ça !

Ce qui signifie qu'au-delà d'un substantif non genré, les représentations socio-culturelles peuvent venir définir plus sûrement encore que la grammaire le genre d'un personnage à partir de son comportement, de son langage, de son apparence...

Pour illustrer ce point, je citerai une autre pièce, « Jérémy Fischer » mise en scène par la compagnie Le bruit des ombres. J'ai assisté à une représentation et suis sorti très ému par la beauté et la force du spectacle. Dans cette pièce, l'auteur a bien décidé du sexe de son personnage : on parle de la naissance d'un fils et il se nomme Jérémy.

Les choses sont claires.

Sauf que...

Jérémy est joué par une comédienne et, pour moi, ce personnage a perdu son sexe. Il n'était plus garçon. Ni fille. Il était cet être différent, mi-être humain mi-poisson.

Et dans cette histoire, c'est bien ce qui importe.

Ainsi, quelle que soit l'intention initiale de l'auteur, les choix de mise en scène et le regard du spectateur, les représentations socio-culturelles des uns et des autres peuvent venir infirmer ou confirmer le sexe d'un personnage, même non genré par l'utilisation d'un substantif neutre.

Bien sûr, cela est possible aussi parce que le neutre est un genre oublié de la langue française, comme pour la plupart des langues issues du latin.

Je ne rentrerai pas dans la polémique que peut soulever la définition du neutre proposée par l'Académie Française :

« L'une des contraintes propres à la langue française est qu'elle n'a que deux genres : pour désigner les qualités communes aux deux sexes, il a donc fallu qu'à l'un des deux genres soit conférée une valeur générique afin qu'il puisse neutraliser la différence entre les deux sexes. L'héritage latin a opté pour le masculin. »

Je laisse le soin, à celles et ceux qui sont intéressé-e-s par le débat sur le masculin absorbant le neutre, réalimenté après les déclarations de Jean-Michel Blanquer, actuel ministre de l'Éducation nationale, de lire l'excellent article de Lucy MICHEL, de l'Université de Bourgogne, intitulé « genre grammatical et dénomination de la personne » dont je note le lien ci-dessous.

http://www.implications-philosophiques.org/actualite/une/le-neutre-dune-langue-sans-neutre/

Pour ma part, je conclus par un appel à tous : lorsque nous souhaitons absolument éviter de marquer le sexe d'un personnage, allons jusqu'au bout et utilisons les caractéristiques propres à l'androgyne.

Peupler nos textes et nos plateaux d'androgynes pourraient être un joyeux défi pour brouiller les représentations socio-culturelles et ne plus caractériser les comportements entre êtres humains par leur sexe.

Willerval.

 

Les Assises de la transmission du théâtre par le prisme des femmes.

Le 23 Novembre prochain à l’ENSATT, nous organisons avec HF ARA

Les Assises de la transmission du théâtre par le prisme des femmes. Cet événement peut sans doute vous intéresser.

Toutes les infos sont là, programme et inscriptions :

Le programme et les inscriptions pour les Assises de la transmission du théâtre et de l'égalité femmes hommes sont disponibles.

Vous êtes bienvenu.es à cette journée pour travailler à l'égalité dans nos écoles de théâtre:

Inscriptions: https://www.billetweb.fr/assises-de-la-transmission-du-theatre-par-le-prisme-des-femmes

Programme visible ici: https://www.hebergeur-image.com/upload/109.212.23.247-5db87c27e5e1e.jpg

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Témoignage : "La femme" n'existe pas...

Bonjour,

je vais faire la chienne de garde mais "la femme" n'existe pas. En fait elles sont plusieurs et extrêmement diverses et je sais que bien souvent on entend parler de la journée de "la femme", par exemple, mais, et particulièrement pour nous pour qui les mots sont notre métier, je crois qu'on gagnerait toutes et tous à diversaliser (pour reprendre le très beau mot créé par Edouard Glissant) les mots qui sont justement essentialisés par les tenants du vieil ordre patriarcal.

Amour et féminisme <3

Pivo

collectif CRS

samuelpivo.tumblr.com

 

Témoignage : La place de chacun et de chacune...

Bonjour à tous,

Je suis Céline, j'ai 35 ans, je suis comédienne, metteur en scène et parfois aussi, autrice.

Je m'interroge, et souhaite faire part de mes réflexions sur cette place de la femme dans le théâtre jeune public.

Et je définirai d'abord, avant la place de la femme, ce que j'entends dans théâtre jeune public.

Cette réflexion vient de loin pour moi, elle met en lumière aujourd'hui, la place que je veux trouver en réalité, elle me pose la question du pourquoi j'ai choisi ce métier finalement: Pour transmettre.

Quand j'écris, quand je joue, quand je met en scène, je me demande toujours ce qu'il va rester, qu'est ce que j'ai dit sur ce plateau qui va résonner chez l'autre? Jeune ou moins jeune. J'ai tendance à penser que le théâtre "jeune public" n'existe pas. Le théâtre, pour moi, doit posséder cette qualité essentielle d'être entendu par tous avec des degrés de lecture différents suivant les années accumulées. Le parent, le grand -parent, l'éducateur, l'instit, doit lui aussi trouver sa place dans ce théâtre dit "jeune public". A partir de là, l'échange est possible, la rencontre est palpable

Qu'est ce que tu as vu, entendu ?

Qu'est ce que j'ai vu, qu'ai - je entendu ?

La discussion enclenchée peut alors muter en réflexions plus grandes sur nos capacités de communication entre humains. Quels que soient nos âges.

et quels que soient nos sexes.

En tant que parent, je me pose souvent la question de ce que la cantine met dans l'assiette de mes filles, en tant que comédienne ou metteur en scène, c'est mon devoir de me demander ce que je mets sur le plateau pour les autres.

La femme, le théâtre.. et bien depuis quelques années, je me rends compte que je n'y faisais presque pas attention, avant d'avoir vu un spectacle "Veillée douce" joué par deux hommes typés bûcherons, un spectacle à partir de 9 mois. Une merveille pour les petites oreilles et petits yeux présents. Et pour moi. Et la discussion qui a suivi, par des accompagnatrices (il n'y avait pas d'homme accompagnant les maternelles et crèches) "c'est étonnant ces deux gaillards qui disent des poèmes et font de la musique"

Et pourquoi cela ? Pourquoi étonnant ? Sans doute parce que c'est à la "maman" de raconter les histoires. Cette "image" là est tellement présente, ancrée, qu'il est difficile de s'en dépatouiller. Comme le dit Willerval dans sa contribution, cela vient de notre propre enfance, de la société qui nous a laissé cette empreinte. Et comme tout se joue ou presque dans cette enfance là, on ne peut pas ne pas y faire attention.

Et forcément, les personnages de théâtre féminins traduisent aussi cet état de fait. L'imaginaire collectif ressasse Les princesses, les sorcières, les petites filles fragiles perdues dans la forêt, mais heureusement les autrices et auteurs contemporains, les femmes et les hommes de théâtre donnent la parole à la vraie vie, aux questionnements que nous avons eu, et avons encore.

Je travaille beaucoup en milieu rural. Au travers d'ateliers de pratiques amateurs, et de projets participatifs inter générationnels sur le territoire où ma compagnie a choisi de s'établir. (en l'occurrence le 64-Béarn)

Mes collègues et moi, nous employons à faire vivre des textes contemporains en particulier en atelier hebdomadaire, où la parole donnée aux enfants, aux adolescents, doit être une ouverture, une source de réflexions sur le monde dans lequel ils vivent.

Et nous entendons régulièrement, les parents, les élus, etc ...

- C'est un peu dur comme texte pour des enfants non ? ça parle de la guerre / ça parle du mensonge / ça parle de la mort / ça parle d'amour. C'est pas de leur âge.

Ah ? Bon.

Ou encore :

- Et dis Céline, tu n'as pas un petit spectacle pour l'arbre de Noël des employés de mairie? Un truc rigolo pour les gosses tu vois ?

- Non, je n'ai pas ça.

Et quand j'écris une adaptation de Pinocchio, où le personnage de la fille aux cheveux bleu dit qu'elle a le droit de faire ce qu'elle veut de son corps et de ses cheveux, ça grince des dents dans l'assistance. Et pour ma part, c'est tant mieux.

A travers la place de la femme dans le théâtre jeune public, pour moi ce sont beaucoup d'horizons, de questionnements, qui s'ouvrent la place du théâtre, la place du jeune, la place du public, la place de la femme, La place de chacun et de chacune.

Voilà mes réflexions du matin, ma contribution du moment. Je viendrai volontiers si vous m'acceptez en juin prochain.

A bientôt

Céline

 

Témoignage : "Qu'il est difficile parfois de débusquer l'intention derrière ses mots !"

Chers tous, je vous adresse mon premier post qui vaut ma participation au collectif comme membre, si vous le voulez bien. Merci à tous pour cette première rencontre autour de la place de la femme dans le théâtre jeunesse et plus particulièrement à Dominique Paquet pour cet historique de la présence féminine parmi les personnages de ce théâtre jeunesse en France (et en Belgique). Bien sûr, en tant qu'auteur, cela m'a invité à revisiter ma propre production avec ce regard. Et c'est déjà un objectif d'atteint, non ? De suite, cela m'a ramené à 2 remarques qu'une enseignante m'avait faite au cours d'un débat qui avait suivi une représentation de mes « Mots-cailloux » (L'Harmattan Jeunesse-2016). À un moment, l'un des personnages, une maîtresse d'école, prononce cette phrase : « Et je n'avais plus assez de temps, enfin je veux dire que les mamans attendaient déjà au portail. » 1ère remarque : Pourquoi une maîtresse d'école plutôt qu'un maître ? Ma réponse fut aisée : c'est juste la réalité d'aujourd'hui ; il y a bien plus d'enseignantes dans les écoles que d'enseignants. Ainsi dans l'école où je suis directeur (car je ne suis pas qu'auteur), il y a 2 enseignants et 15 enseignantes... 2ème remarque : pourquoi est-ce des mamans qui attendent au portail ? Il n'y a jamais de papas ? Ma réponse fut la même, c'est surtout les mamans qui sont au portail. Mais aujourd'hui, si je visualise les sorties de mon école, je dois bien reconnaître que je vois presque autant de visages de papas, de tontons ou de grand-pères que de mamans, tatas ou grand-mères. D'où me vient donc cette impression que forcément la sortie de l'école correspond à l'heure des mamans ? De ma propre enfance, bien sûr. Je me rends ainsi compte que ma mère n'était jamais venue me chercher à l'école, parce qu'elle travaillait et que ses horaires ne le lui permettaient pas. Et je prends soudainement conscience que j'aurais adoré que ma mère vienne me chercher à l'école, ne serait-ce que de temps en temps... Ainsi, en dépit de la réalité d'aujourd'hui et de mon propre vécu d'enfant, le manque éprouvé et refoulé impose à mon écriture que l'heure de la sortie soit l'heure des mamans ! Qu'il est difficile parfois de débusquer l'intention derrière ses mots ! Ainsi ma participation à ce collectif m'a amené à cette introspection et j'en éprouve de la joie même si j'ai libéré des émotions plutôt douloureuses car j'ai l'impression que mon écriture a gagné en liberté. En effet, si la liberté c'est le choix, pour reprendre la formule de Sartre, l'écriture n'est jamais aussi libre que lorsqu'on sait pourquoi on choisit tel mot plutôt qu'un autre. Mais que cette liberté me paraît une montagne bien longue et bien rude à gravir. Willerval

 
 

Inégalités entre les femmes et les hommes dans les arts et la culture Acte II : après 10 ans de constats, le temps de l’action

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Rapport n°2018-01-22-TRA-031 voté le 22 janvier 2018

Danielle BOUSQUET, Présidente du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes Stéphane FRIMAT et Anne GRUMET, rapporteur.e.s Brigitte ARTHUR et Claire GUIRAUD, co-rapporteures

« Le plus souvent dans l’histoire, “anonyme” était une femme. » Virginia Woolf, autrice anglaise.

 

Lire le rapport ICI

 

L’affaire Weinstein et la vague de dénonciation des violences sexistes et sexuelles ont jeté une lumière crue sur les difficultés spécifiques que rencontrent les femmes artistes et sur les inégalités systémiques entre les femmes et les hommes dans le domaine de la culture. Si ce secteur ne fait certainement pas exception, il n’en demeure pas moins que les récents évènements — qui faisaient suite à des polémiques récurrentes depuis plus de 5 ans (désignation de Polanski en tant que président des Césars en 2017, dénonciations contre David Hamilton en 2016, sélection sans femme du festival d’Angoulême en 2016, sélection et composition largement masculines du Jury du festival de Cannes depuis 2012, procès d’Orelsan en 2013, polémiques récurrentes autour de Bertrand Cantat, etc.) — appellent à une action déterminée pour faire reculer les violences sexistes et les inégalités entre les femmes et les hommes. Dans cette prise de conscience qui doit se poursuivre et dans les actions qui doivent en découler, le Ministère de la culture a toute sa place à prendre.

Témoignage : Interrogations...

- Je suis comédienne, j'ai 31 ans, mais je joue souvent des enfants, et en particulier des petits garçons. Dois-je me poser des questions sur ma féminité?

- Si je tombe enceinte pendant un projet long, dois-je le dire à mon/ma metteur en scène ou prétendre que j'ai simplement des ballonnements?

- Je donne des cours en banlieue parisienne, pour des collégiens. Les filles sont plus nombreuses que les garçons, mais le professeur a choisi une pièce où les rôles masculins sont trois fois plus nombreux que les rôles féminins. Que faire ?

- Je distribue finalement des rôles masculins aux filles. La petite Oumou, qui joue Tiresias, doit-elle affirmer qu'«elle est vieille» ou qu'«il est vieux»?

- Les hommes ont-ils le droit de poser des questions sur cette plateforme?

- Pourrai-je aller au Panthéon?

(Variante : Quand je serai une actrice riche et célèbre et morte, irai-je au Panthéon ? Si je suis mariée, Monsieur devra-t-il m'accompagner, ou pourrai-je être enfin tranquille?)

Je suis très heureuse de participer à ce projet, et je me suis bien amusée à écrire ces questions!

Pauline Belle est comédienne. Initiée au théâtre par Florence Lavaud, elle se forme au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris (promotion 2013) notamment auprès de Dominique Valadié. Elle travaille au théâtre, au cinéma, à la radio, en doublage : elle joue sous la direction de Philippe Minyana, Robert Cantarella, Christophe Honoré, Rodolphe Congé, Anne-Laure Liégeois,... Elle crée des spectacles avec sa compagnie, La Multinationale. Actuellement elle prépare une adaptation jeune public du Cid!

 

Témoignage : 4 questions 

1/ Pourquoi les programmateurs jeune public sont-ils en majorité des femmes ?

2/ Corollaire : Y-a-t-il une assignation aux ouvrages de dames (s’occuper des enfants ?)

3/ Pourquoi ces refus violents, y compris féminins, quant à l’utilisation du mot autrice ?

4/ Pourquoi quand j’étais jeune actrice et que je jouais les jeunes premières, les metteurs en scène me disaient : « Tu vois le personnage….elle est bête. »